Christine Vézina est chercheure principale de la Communauté de recherche-action sur les droits économiques et sociaux(COMRADES) qui regroupe des co-chercheur.e.s provenant de 7 universités québécoises, candienne et française, d’organisations institutionnelles québécoises (CDPDJ et Protecteur du citoyen) et d’organisations non gouvernementales québécoises et ontarienne (Ligue des droits et libertés, Ligue des droits et libertés, section de Québec, Front commun des personnes assistées sociales, Clinique juridique du Mile-End et Social Rights Advocacy Centre).
La professeure Vézina travaille sur les injustices socio-économiques et de santé. Elle mobilise les théories socio-juridiques et la méthodologie empirique pour développer des recherches qui visent à saisir le droit en action, tel qu’il est ou non mobilisé par les acteurs sociaux. Ses questionnements épistémologiques l’amènent à poursuivre des réflexions sur l’engagement de la chercheure et la recherche participative, qu’elle intègre aussi dans ses enseignements. Elle développe en effet diverses formules de pédagogie clinique où elle créée des collaborations entre les organismes communautaires et les étudiants, ce qui leur permet de développer une perspective critique à l’égard du droit et de ses effets sur les personnes en situation de vulnérabilité, telles les personnes utilisatrices de drogue injectable, les travailleuses du sexe, les personnes en situation de pauvreté, les itinérants, les personnes vivant avec un handicap, les minorités raciales et les personnes issues des peuples autochtones.
Depuis 2017, Christine cherche à mieux comprendre la culture juridique des droits de la personne qui (re) produit la marginalisation des droits économiques sociaux et culturels, tels les droits à la santé, au logement, à l’alimentation suffisante et à un niveau de vie suffisant au Québec et au Canada. Dans le cadre de ce vaste programme de recherche, elle cherche à mieux cerner la place des droits économiques sociaux et culturels dans les pratiques, représentations et valeurs des acteurs oeuvrant au sein et en périphérie du système judiciaire. Au cours des prochaines années, elle poursuivra ce travail de recherche empirique sur les liens entre la culture juridique des droits de la personne et la mise en oeuvre des droits économiques sociaux et culturels en s’intéressant aux rapports qu’entretiennent les législateurs québécois et fédéral (Assemblée nationale et Parlement) avec ces droits, dans le cadre du processus d’adoption des lois. Un volet comparatif l’amènera à travailler en collaboration avec Laurence Gay, de l’Institut Louis Favoreu – Groupe d’études et de Recherches comparées sur la Justice Constitutionnelle de l’Université d’Aix-Marseille. Elle s’implique également dans de nombreux autres projets de recherche interdisciplinaire et/ou communautaire, tels celui relatif aux violences structurelles, institutionnelles et symboliques à l’égard des femmes dirigé par la professeure de droit à l’Université Laval, Marie-Claire Belleau.
Précédemment, sa thèse de doctorat, qui s’inscrit dans le courant théorique « santé et droits humains », l’a conduite à travailler sur le droit à la santé des personnes vulnérables au VIH/sida au Québec. Plus précisément, elle s’est intéressée à la contribution des organismes communautaires de lutte au VIH/sida à l’effectivité de ce droit qui impose diverses obligations à l’État. Cette recherche lui a permis d’étudier l’histoire des organismes communautaires autonomes et de mettre en lumière le caractère déterminant de leur autonomie dans la mise en oeuvre du droit à la santé. Les théories socio-juridiques de l’effectivité du droit et de l’internormativité, mobilisées à travers le concept original d »effectivité internormative », lui ont permis d’analyser la contribution des normes sociales à la réalisation du droit.
La professeure Vézina est membre du comité de direction d’Accès Savoirs, la boutique des sciences et des savoirs, chercheure régulière au Centre de recherche en droit public (CRDP), dans l’équipe de recherche FRQ-SC Violence-Justice (VI-J), au sein de la Communauté de recherche interdisciplinaire sur la vulnérabilité (CRIV) et de l’Observatoire sur les profilages. Elle est co-responsable du Groupe d’étude en droits et libertés (GEDEL) et du Centre de recherche en droit administratif et constitutionnel (CEDAC) de l’Université Laval. Elle dirige de nombreux étudiants aux cycles supérieurs, à l’essai, au mémoire et au doctorat. Christine prononce régulièrement des communications dans des conférences et colloques tant sur des enjeux juridiques que sur des questions qui s’inscrivent dans le champ des études « droit et société ». Elle est aussi engagée dans sa communauté et, à ce titre, elle est membre du conseil d’administration de la Ligue des droits et libertés, section Québec.
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Ce contenu a été mis à jour le 6 mai 2025 à 12 h 07 min.
