L’iceberg du racisme ou une archéologie de la violation des droits des personnes d’ascendance africaine : quelles places pour les théories raciales critiques ?

Dans le cadre de son cycle de conférences 2021-2022 sur le thèmeLes théories critiques et le droit, le Centre de recherche en droit public – antennes Université Laval a le plaisir d’accueillir la professeure Gina Thésée (UQAM) et le professeur Paul R. Carr(UQO), respectivement titulaire et co-titulaire de la Chaire UNESCO en démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire (DCMÉT).

Conférencier(e)s

Gina Thésée

Gina Thésée est professeure titulaire au Département de didactique, de la Faculté des sciences de l’éducation, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est la co-titulaire de la Chaire UNESCO en démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire (DCMÉT). Durant plusieurs années, elle a collaboré activement aux travaux et activités de «l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour l’éducation pour tous» de l’UNESCO. À l’UQAM, elle est membre du Conseil de l’Institut en recherches féministes, membre de l’Institut des sciences de l’environnement, membre du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centr’ERE) et membre du Comité du Syndicat des professeures (SPUQ) de lutte contre le racisme. Elle est spécialisée dans la formation des enseignant(e)s du secondaire. Ses champs de recherche comprennent l’éducation aux sciences, l’éducation interculturelle, l’éducation relative à l’environnement, l’éducation à la l’écocitoyenneté mondiale et l’éducation transformatoire/émancipatoire. Elle adopte une posture épistémologique écosociocritique à partir de perspectives telles que le féminisme, l’antiracisme et le décolonialisme. Elle a de nombreuses publications scientifiques et professionnelles dans ces domaines. Avant sa carrière académique, elle fut enseignante des sciences de la nature au secondaire à Montréal. En 2006, elle fut lauréate du Mois de l’histoire des Noirs de la Ville de Montréal.

Paul R. Carr

Paul R. Carr est professeur titulaire au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Il est le titulaire de la Chaire UNESCO en démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire (DCMÉT)Spécialisé en Sociologie politique de l’éducation, ses champs de recherche comprennent la culture institutionnelle en éducation, l’éducation pour la démocratie et à la citoyenneté mondiale, l’antiracisme, l’éducation transformatoire, la littératie médiatique et l’éducation relative à l’environnement. Il est le Chercheur principal de deux projets de recherche du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada intitulés «Démocratie, alphabétisation politique et éducation transformatoire» et «Médias sociaux, participation citoyenne et éducation». Il est éditeur, coéditeur, auteur ou coauteur d’une vingtaine de livres, de plusieurs séries de livres et de dizaines d’articles scientifiques dont plusieurs lui ont valu des Prix et distinctions. Avant sa carrière universitaire, durant plusieurs années, il a occupé le poste de Conseiller principal des politiques au Ministère de l’Éducation de l’Ontario, où il a travaillé avec divers acteurs scolaires en contextes de minorité linguistique à des programmes d’éducation antiraciste, d’éducation autochtone, d’adaptation scolaire, d’éducation à la citoyenneté et d’éducation à la justice sociale.

Résumé

Depuis leur élaboration dans les années soixante-dix, dans le domaine du droit à partir des études légales critiques, par l’avocat afro-états-unien Derrick Bell, les théories raciales critiques (TRC) ont peu à peu pénétré les disciplines des sciences humaines et sociales, notamment l’éducation, aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Cependant, en général, les espaces académiques francophones demeurent peu perméables aux TRC, voire, l’on pourrait dire que ces espaces semblent «allergiques» aux TRC. Le principe premier des TRC est la centralité des notions de race et de racisme à la fois dans la loi et dans la vie des personnes racialisées, hier comme aujourd’hui. En écho aux constats de l’ONU dans la «2015-2024 Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine: Reconnaissance – Justice – Développement», force est de reconnaître que le racisme est un phénomène historique qui, d’une part, se poursuit sous d’autres formes dans le temps présent, et d’autre part, s’est universellement répandu en suivant les lignes de forces du phénomène colonial pluri-centenaire et de la colonialité qui en découle. Dans ce contexte diasporique mondial et dans le cadre des théories raciales critiques (TRC), une archéologie du racisme et de la violation des droits est possible. En ce sens, le processus de modélisation de «l’iceberg du racisme» s’avère fertile pour mieux débusquer les différents points de tensions ou «épicentres» du phénomène à la fois systémique (dans tous les systèmes de vie), systématique (dans toutes les dimensions de l’Être) et chronique (omniprésent, de façon effective ou potentielle) qu’est le racisme anti-Noirs. Cette conférence s’inscrit dans l’axe thématique «Droit et nouveaux rapports sociaux» du CRDP et aborde particulièrement le contexte québécois qui, à l’instar d’autres espaces francophones, éprouve de la difficulté à traiter du racisme.

Ce contenu a été mis à jour le 21 avril 2022 à 15 h 11 min.