Justice + vide institutionnel

Sur le plan institutionnel, la justice n’est pas le fruit des seules entités formelles, (tribunaux, santé, prisons, etc.). Et en cette période « tout feu tout flamme », une tendance est de voir des réactions spontanées prendre corps pour justement s’exonérer des canaux institutionnels habituels. En marge de ces institutions se trouvent donc des phénomènes plus spontanés, dont il importe d’évaluer la pertinence, les effets, les avantages et inconvénients. C’est la raison d’être la conférence Justice + vide institutionnel.

Conférencières

Mylène JACCOUD, professeure, Udem

Mylène Jaccoud est professeure titulaire à l’École de criminologie et chercheure associée au CRDP de l’Université de Montréal. Ses enseignements et ses recherches portent sur les relations entre peuples autochtones et la justice pénale ainsi que sur les alternatives à la justice, en particulier la médiation et la justice réparatrice. Elle est engagée dans divers projets de recherche participative, notamment pour développer des pratiques alternatives au Nunavik, en Martinique et dans les HLM à Montréal. Elle collabore avec le ministère de la Sécurité publique pour identifier les pratiques prometteuses dans le traitement des agressions sexuelles par les corps de police autochtone. Elle préside un comité autochtone à l’École de criminologie dont la mission est de contribuer à la décolonisation des enseignements et de la formation en criminologie et en études policières. Elle est également président du Forum Mondial de Médiation.

Justice et peuples autochtones : réflexions sur les justices en marge. L’intervention de Mylène Jaccoud portera sur le thème de la « justice en marge » et celui plus précis du vide institutionnel en adoptant comme point de mire ce que l’observation des rapports entre justice pénale (étatique) et peuples autochtones nous enseigne (rapports passés et actuels). Elle tournera autour des interrogations suivantes : qui est en marge ? La justice étatique ? les Autochtones ? Comment comprendre les revendications des Autochtones et quels sont les effets de ces revendications sur le système de justice lui-même ? La justice étatique fait-elle face à un « vide institutionnel » à l’égard de ces revendications ? Le système de justice doit-il se transformer pour « répondre » aux revendications ou doit-il au contraire « se retirer » ? 

Sophie GAGNON, avocate, Juripop

Sophie Gagnon est avocate et directrice générale de Juripop, où elle travaille activement à améliorer l’accès à la justice pour les populations vulnérables du Québec. Avant de se joindre à Juripop, Me Gagnon a pratiqué le litige civil et commercial au sein du cabinet Norton Rose Fulbright.  Me Gagnon détient un baccalauréat en droit ainsi qu’un Juris Doctor en common law de l’Université de Montréal, en plus d’avoir étudié le droit international à la London School of Economics et à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.   Me Gagnon contribue activement à la vie publique et politique en siégeant sur le conseil d’administration de différentes organisations militant pour des enjeux relevant de la justice sociale et de l’égalité des genres. Elle est chroniqueuse à l’émission Pénélope diffusée sur les ondes d’ICI Première et et intervient régulièrement dans les médias afin de commenter l’actualité juridique et les enjeux sociaux.

Alexandra BAHARY-DIONNE, Candidate au doctorat, Université Ottawa

Alexandra Bahary-Dionne (LL.M.) est doctorante à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa. Ses intérêts de recherche portent sur les inégalités sociales dans le champ du droit privé, la place des savoirs citoyens au sein de l’univers juridique, les usages des technologies numériques ainsi que l’innovation méthodologique en recherche sociojuridique, en particulier en contexte numérique. Sa recherche doctorale, financée par le CRSH et le FRQSC, porte sur les dynamiques d’inclusion et d’exclusion dans l’accès au crédit en tant qu’exploration du rapport entre le droit privé et la pauvreté.

L’information juridique citoyenne sur les médias sociaux : l’émergence d’une cyberjustice informelle? Face aux multiples obstacles financiers et cognitifs à l’accès à la justice, la démocratisation de l’information juridique est l’une des solutions les plus prisées par la communauté juridique. Mais à côté de cette offre formelle, les médias sociaux traduisent des manières émergentes d’accéder à, de créer et de modifier l’information juridique au sein desquelles la parole et les pratiques citoyennes sont à l’avant-scène. La recherche dont il est ici question s’interroge sur le rôle de ces mutations à partir d’une ethnographie réalisée sur deux groupes citoyens d’entraide juridique sur Facebook. À la lumière de cette perspective « hors-champ » sur l’information juridique, il s’agira de discuter de comment certains résultats peuvent contribuer à nourrir certaines stratégies plus formelles d’accès à la justice.

Modératrice

Karine GENTELET, professeure UQO

Karine Gentelet est chercheure associée au Centre de recherche en droit, technologie et société et professeure agrégée au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais. Elle est également titulaire de la Chaire de recherche sur l’intelligence artificielle et la justice sociale, École Normale Supérieure-Abeonas-OBVIA. Les intérêts de recherche et les publications de la professeure Karine Gentelet portent sur la reconnaissance des droits des Peuples autochtones, l’usage de la technologie numérique et l’intelligence artificielle au service de la justice sociale, l’éthique de la recherche en contexte autochtone et la responsabilité sociale des chercheurs. Karine Gentelet est chercheure au Centre interuniversitaire de recherche et d’études autochtones (CIERA), au Laboratoire de cyberjustice au sein duquel elle dirige un projet de recherche sur l’autonomisation par l’intelligence artificielle des populations marginalisées. Elle est également chercheure au sein de l’Observatoire international des impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique (OBVIA) et titulaire de la chaire Abeona-ENS-OBVIA en Intelligence artificielle et justice sociale.

Enfin, Karine Gentelet est fortement engagée dans la promotion et la défense des droits de la personne auprès d’Amnistie Internationale depuis 2007.

Lieu

Webinaire Zoom

Une attestation de participation, représentant 1 heure et 30 minutes de formation continue, sera transmise par courriel aux avocat.e.s et aux notaires ayant complété le formulaire de présence. Un délai de 10 jours est requis pour la réception de l’attestation.



Ce contenu a été mis à jour le 12 février 2021 à 16 h 06 min.