Mercredi, 6 février 2008
Rogers banalise le droit à l'image
Depuis quelques jours, le service de téléphonie cellulaire de Rogers fait passer un nouveau message publicitaire sur les chaînes anglophones (j’ignore si le message existe en français également) où un groupe d’amis voyage en voiture. La passagère assise à l’avant prend alors une photo du conducteur et lui annonce que, grâce aux nouvelles fonctionnalités de son téléphone cellulaire, elle peut afficher cette image sur sa page dans Facebook et insérer un commentaire pour faire rire ses amis. Ensuite, ses amis vont eux-mêmes pouvoir commenter sur la photo et la transmettre à leurs amis… Bref, tout le monde va pouvoir se payer la tête du conducteur. Au diable le droit à l’image!
Je considère qu’il est quelque peu irresponsable de la part de l’entreprise de présenter un produit en ventant le fait que l’on peut accomplir des gestes illicites grâce à celui-ci… Les avocats de Rogers qui ont approuvé ce message ont-ils oublié l’article 36 du C.c.Q. qui interdit ce genre de pratique? N’ont-il pas lu Aubry c. Vice-Versa? Peut-être jugent-ils que de mettre l’image de ce pauvre conducteur sur Facebook vise l’information légitime du public! Qu’ils en parlent au Star Wars Kid…
publié par Nicolas Vermeys
Lundi, 21 janvier 2008
La vie privée des autres...
Je n’aime pas Facebook, Myspace et tous les autres outils du même genre. Les affronts à la vie privée encouragés par ces portails sont trop nombreux pour êtres énumérés et, je dois l’admettre, ils m’effraient. Les gens y mettent simplement trop d’information sur eux-mêmes et sur leurs proches sans penser aux conséquences...
J’ai vu récemment un reportage sur une mairesse américaine à qui l’on demande de démissionner parce que sa page personnelle sur Myspace affiche des photos « indécentes ». Nous avons tous entendu parler de cette affaire en Ontario où l’identité de mineurs accusés de meurtre a été dévoilée grâce à Facebook. Bref les histoires d’horreur se multiplient, mais ne semblent pas dissuader les gens.
Certains diront qu’il revient à chacun de décider ce qu’il veut faire de sa vie privée et que s’ils veulent se mettre à nu sur Facebook, ils ne font de tort à personne d’autre qu’eux-même…
Cette prétention me semble pourtant inexacte. Au-delà des cas évidents de personnes qui, en dévoilant leurs renseignements personnels, en viennent indirectement à dévoiler ceux de tiers, il faut se demander si les risques engendrés par cette transparence ne causent pas de dommages aux assureurs, institutions financières, compagnies de crédit, etc.
Quand verrons-nous les assureurs ajuster leurs polices ou même refuser une couverture selon l’appartenance ou non à un tel groupe? Les risques de vol d’identité sont accrus par une divulgation de renseignements personnels sur le Web, les risques d’entrée par effraction le sont également pour ceux qui divulguent leurs horaires de travail ou les dates de leurs vacances à l’étranger…
Qui plus est, comme le commun des mortels utilise normalement le nom d’un proche ou d’un animal domestique comme mot de passe (une très mauvaise habitude en passant), un bidouilleur le moindrement doué saura éplucher votre page personnelle pour y trouver des indices sur vos mots de passe et éventuellement avoir accès à vos dossiers, y compris votre NIP et votre compte bancaire.
En fait, ce sont les institutions financières qui feront les frais de notre désir de publiciser notre vie privée et, évidemment, nous qui ferons les frais des institutions financières…
Bref, si vous divulguez vos renseignements personnels, c’est le coût de ma police d’assurance qui va augmenter alors, de grâce, ayez un peu de pudeur!
publié par Nicolas Vermeys