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Nicolas Vermeys

Lundi, 14 janvier 2008

Supports numériques, copies privées et Mp3

Mercredi dernier, la Cour d’appel fédérale a renversé la décision de la Commission du droit d’auteur d’imposer un tarif sur les lecteurs de fichiers Mp3. Cette décision vient en fait réitérer la position adoptée par la Cour en 2004, alors qu’elle indiquait que les lecteurs de fichiers Mp3 n’étaient pas des supports audio au sens de l’article 79 de la Loi sur le droit d’auteur.

Cette question vient donc relancer le débat sur la légalité des fichiers Mp3. Rappelons que la Cour fédérale prétend que « le fait de télédécharger une chanson pour usage privé ne constitue pas une violation du droit d'auteur » et donc qu’un Mp3 « illégal » conservé sur un support audio constitue une copie privée au sens de l’article 80 de la Loi sur le droit d’auteur. Bien que la Cour d’appel fédérale soit venue apporter un bémol à cette interprétation, elle ne l’a pas complètement contredite.

Selon cette nouvelle décision, un fichier téléchargé et gravé sur un CD vierge serait donc légal, peu importe sa provenance, alors que le même fichier téléchargé sur un Ipod contreviendrait à la Loi sur le droit d’auteur. Mais il y a pire… Celui ou celle qui achète un CD pour ensuite en copier le contenu sur son lecteur Mp3 est dans l’illégalité! En fait, seuls les fichiers achetés sur iTunes ou autres sites du même type pourraient être transférés sur les lecteurs Mp3.

Pour récapituler :
-    acheter un CD et en copier le contenu sur un lecteur de Mp3 = illégal
-    télécharger un fichier Mp3 et le graver sur un CD = légal

Si j’étais disquaire, je penserais à changer mon modèle d’affaire!

N.B. Je viens tout juste de visiter le blogue de Michael Geist, lequel souligne cette même incohérence.

publié par Nicolas Vermeys

Lundi, 15 octobre 2007

Une "autorité publique" pour policer l'échange de fichiers mp3

L’un de mes étudiants dans le cadre de la Maîtrise en commerce électronique (Mauricio Prieto pour ne pas le nommer) m’a fait suivre un article intéressant publié le 5 octobre dernier sur ZDNet.fr. L’article en question fait  état de la dernière proposition des Fournisseurs d’accès Internet dans le dossier du téléchargement « illégal » de fichiers musicaux.

Dans un rapport soumis à la mission Olivennes, en France, les FAI proposent la mise en place de logiciels « à la périphérie de leurs réseaux qui simuleraient le comportement d’un internaute, et qui pourraient ainsi s’infiltrer sur les systèmes peer-to-peer pour parvenir à détecter qui échange quoi ».

L’« autorité publique » à laquelle il reviendrait de policer le réseau grâce  à ces outils aurait le pouvoir de donner des contraventions aux contrevenants (soit ceux qui téléchargent des fichiers gratuitement).

Évidemment, les questions juridiques abondent : Quid de la vie privée des utilisateurs ? Quelle serait l’effectivité des contraventions ? Mais surtout, quelle légitimité accorder à l’autorité publique ? S’agira-t-il, comme le texte le laisse transparaître, d’une autorité étatique française ? Si tel est le cas, comment pourra-t-elle contrôler, grâce à des sanctions locales, un réseau international ? On pressent déjà la controverse internationale qu’un tel outil viendrait créer : une autorité française qui police le Web ! À la lumière de la fameuse affaire Yahoo!, comment nos voisins du sud accepteront-il la chose ?

publié par Nicolas Vermeys






 




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