Centrales nucléaires, wagon de métro et ingérence politique
Les grands titres des dernières semaines me rendent quelque peu inquiet… Il semble que le niveau d’ingérence politique ait atteint de nouveaux sommets. Certains cyniques diront qu’il n’y a rien de nouveau dans ce qui se produit présentement. Peut-être, mais cela ne justifie en rien cette ingérence à peine voilée.
Jeudi, la Cour supérieure déclarait que la Société de Transport de Montréal était dans l’obligation de procéder par voie d'appel d'offres public pour l'octroi du contrat de renouvellement de ses voitures de métro. Étrangement, c’est ce que comptait faire la STM en 2006 jusqu’à ce que le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation intervienne et « demande » (par. 1 de la décision) à la STM de procéder par contrat de gré à gré avec Bombardier. Cette ingérence aura coûté des milliers de dollars aux contribuables, sans compter le fait que les nouveaux wagons ne seront pas sur les rails aux dates prévues.
Plus tôt cette semaine, on apprenait que le ministre fédéral Gary Lunn a menacé de congédier la présidente de la Commission canadienne de la sûreté nucléaire, Linda Keen, pour la fermeture du réacteur nucléaire de Chalk River. La Commission est pourtant un organisme quasi-judiciaire qui est supposée bénéficier d'une certaine indépendance institutionnelle.
Ces exemples d’un gouvernement qui s’ingère de plus en plus dans des dossiers qui ne sont pas de son ressort surprennent. La situation à Ottawa dérange d’autant plus qu’il s’agit d’une atteinte flagrante à la sacro-sainte division entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire et que ce n’est pourtant pas la première. Nous nous souviendrons que ce même gouvernement a demandé aux candidats à la magistrature d’étaler leurs convictions personnelles sur la place publique…
J'aimerai jeter un oeil sur la décision mais les liens de jugements.qc.ca ne sont pas permanents. Comme legifrance. Et c'est pour cela que je ne vais jamais sur ce site.







Votre commentaire