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Nicolas Vermeys

Jeudi, 6 décembre 2007

Le Barreau entre au 19e siècle...

En 1996, lorsque le CRDP a mis sur pied le cybertribunal, l’une des critiques les plus véhémentes à l’égard du projet visait la dépersonnalisation du processus. Ils étaient plusieurs à indiquer qu’il s’agissait d’un chemin sans issue; le processus contradictoire nécessitant une présence physique des procureurs et des parties.

Une décennie plus tard, dans le journal du Barreau de décembre 2007 (Philippe SAMSON, « L’usage de la technologie à la Cour »), on apprend que, « depuis un peu plus d’un an, la Cour supérieure de la division du Québec offre aux membres du Barreau et aux justiciables un système très pratique […] les conférences téléphoniques ». Cette technologie est notamment utilisée pour les requêtes en prorogation du délai de 180 jours. Le Comité de liaison avec la Cour supérieure du Barreau de Montréal présentait d’ailleurs un projet similaire au printemps dernier. Pour reprendre les propos du juge Pidgeon (rapportés dans l’article précité), une telle initiative renforcerait l’accessibilité à la justice « en évitant les déplacements et en diminuant les coûts et pertes de temps ».

Bien que je salue cette initiative, il me semble quelque peu étrange que l’utilisation d’une technologie développée en 1876 soit considérée si révolutionnaire qu’elle mérite qu’on y dédie un article dans le journal… Il s’agit là d’un exemple typique de la lenteur avec laquelle notre profession s’accoutume aux avancements technologiques.

Quoiqu’il en soit, il semble que les avocats sont fin prêts à reconnaître que la présence physique n’est pas toujours nécessaire durant les différentes étapes d’un dossier. Pourquoi ne pas pousser l’expérience plus loin? En combinant le courriel et le téléphone les parties pourraient s’échanger leur jurisprudence et plaider plusieurs types de requêtes au téléphone… Serait-ce la fin des effets de toge? 


publié par Nicolas Vermeys



2007-12-13 par Pierre Trudel

Le constat que fait Nicolas est tristement vrai. Mais il faut souligner le lien étroit entre ce manque d'intérêt pour les modes de fonctionnement qui pourraient augmenter le travail des avocats et des tribunaux et la formation juridique.

Contrairement à la formation des écoles de commerce, la maîtrise des outils informatiques est pratiquement absente des programmes de formation des facultés de droit.

Tout se passe comme si le droit serait le seul univers qui serait condamné à demeurer inefficace. Tant et si bien que le système judiciaire est de moins en moins accessible au commun des mortels et on constate que de plus en plus de gens tentent de se défendre seuls devant les tribunaux.

L'effet débilitant de certaines pressions de la part du milieu professionnel - dont par exemple la liste de cours reflétant une pratique de la seconde moitié de 20 siècle que le Barreau persiste à « indiquer » aux étudiants - fait en sorte que ces derniers ont peu d'intérêt à réclamer une formation plus contemporaine axée sur l'innovation.

En somme, ce que valorise la formation juridique, c'est essentiellement le conformisme et le regard vers le passé. Les gens entrent dans les programmes de droit avec plein d'idéal... qu'est-ce qu'il en reste après le bac?

Pourtant, c'est vers l'innovation et le développement de nouvelles façons de faire qu'il faut se tourner pour améliorer l'accès à la justice. Et cela n'a pas seulement à voir avec les technologies: il est ici question d'état d'esprit!

Quant aux facultés de droit, elles parlent des deux côtés de la bouche: d'une part, elles font des professions de foi sur l'importance des études supérieures mais en pratique s'aplaventrissent devant les conceptions ratatinantes des chambres professionnelles. Rien n'est fait pour promouvoir une formation de second cycle qui serait suivie pendant qu'il est encore temps, c'est-à-dire avant le passage vers le Barreau et le stage professionnel.

Combien faudra-t-il de secteurs de pointe qui échapperont de plus en plus aux avocats pour que l'on prenne les moyens de valoriser la formation supérieure de pointe pour les professionnels du droit?






 




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